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Voilà un chercheur d’or – qui en a trouvé – aussi indestructible que tous les héros de série B depuis Rambo jusqu au Revenant et aussi amical avec les nazis que les Inglourious Basterds. Il faut aimer le deuxième degré, les pirouettes scénaristiques – bien menées à part la fin un peu bâclée – et le sang, qui coule souvent mais avec retenue cependant ! Notre héros, hiératique, a une gueule et joue remarquablement comme peut le faire un grand acteur de théâtre finlandais et les nazis ont bien les sales gueules de la fonction, mais sans caricature. Les paysages de toundra nordique et les ciels sont magnifiques et toute la mise en scène est très soignée, le montage efficace.
Et voilà donc un genre western – fait-on des spaghettis en Laponie ? – très réussi, et d’ailleurs primé, qui atteint son but : nous divertir vraiment sans nous infliger la moindre minute d’ennui.
**Sisu : De l’or et du sang** est une explosion de violence stylisée et de survie pure qui transforme un homme en véritable légende vivante, en suivant Aatami Korpi, ancien soldat devenu chercheur d’or solitaire dans les étendues hostiles de la Laponie, dont la découverte va attirer l’attention d’un groupe de nazis bien décidés à lui prendre son butin sans imaginer une seule seconde à qui ils ont affaire, le film reposant sur un concept simple mais terriblement efficace qu’il pousse à l’extrême avec une mise en scène ultra maîtrisée, sèche et percutante, où chaque plan semble pensé pour maximiser l’impact visuel et la brutalité des affrontements, le scénario étant réduit à l’essentiel, presque minimaliste, mais parfaitement assumé dans sa volonté de raconter une traque et une vengeance sans détour, laissant toute la place à une narration visuelle d’une clarté exemplaire, le personnage principal, quasi muet, impose une présence incroyable uniquement par son regard, sa démarche et sa résistance hors norme, renforçant cette dimension mythologique qui fait toute la force du film, le jeu d’acteur étant ici plus physique qu’émotionnel mais d’une efficacité redoutable, la musique accompagnant parfaitement cette montée en tension avec des sonorités qui amplifient l’aspect épique sans jamais en faire trop, tandis que les paysages désertiques et glacés deviennent un terrain de jeu sublime et mortel, magnifiés par une photographie impeccable qui contraste la beauté des décors avec la violence extrême des scènes, car le film ne fait aucun compromis sur ce point et assume une brutalité graphique inventive, presque jubilatoire, renouvelant constamment ses idées pour ne jamais laisser retomber la pression, ce qui procure un plaisir de spectateur immédiat, presque cathartique, tant chaque affrontement devient un moment de créativité macabre, le ressenti est alors celui d’un pur film de genre qui sait exactement ce qu’il veut être et qui le fait avec une précision chirurgicale, sans longueur ni détour inutile, et c’est précisément cette radicalité qui le rend aussi marquant, une œuvre qui parlera à tous ceux qui cherchent un divertissement viscéral, sans filtre, où la survie devient une question de volonté absolue et où un homme seul peut incarner toute la fureur d’une guerre.