Amour
Georges et Anne sont octogénaires, ce sont des gens cultivés, professeurs de musique à la retraite. Leur fille, également musicienne, vit à l’étranger avec sa famille. Un jour, Anne est victime d’une petite attaque cérébrale. Lorsqu’elle sort de l’hôpital et revient chez elle, elle est paralysée d’un côté. L’amour qui unit ce vieux couple va être mis à rude épreuve.
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Casting
Avis
Pour le meilleur et pour le pire
Haneke nous rappelle à l’ordre sur cet engagement moral dans une foudroyante lucidité. Le synopsis est clair et n’invite pas au divertissement, il faut être solidement "armé" pour subir la leçon de vie de 2 heures qui nous est proposée.
A coups d’ellipses et plans-séquences, nous sommes les témoins de la déchéance physique et morale de cette femme. Cette "fin de vie" traitée sans concession est filmée avec une merveilleuse pudeur.
Le dénouement d’un pragmatisme glacial laisse le spectateur à sa propre morale et ouvre bien sur débat. La promesse « d’Amour » dans laquelle s’est engagé le couple est poussée dans ses derniers retranchements, le seuil de tolérance étant fixé par ses limites humaines.
Si la mise en scène froide et sèche garde une bonne lisibilité, Haneke ne peut s’empêcher d’injecter quelques questionnements comme ces toiles et surtout ce pigeon. S’il fallait trouver un défaut, c’est le choix des plans séquences accentuant cette lente agonie, mais entraînant quelques petits creux.
Amour doit bien sur beaucoup à son couple vedette Jean-Louis Trintignant et Emmanuelle Riva absolument éblouissants d’émotion et de justesse. Isabelle Huppert excellente, symbolise parfaitement le spectateur qui ne peut entrer dans le cercle du couple.
Amour reste un film sans concession, sans issue, d’une froideur totale sur la forme mais tellement bouleversant sur le fond. Au final une merveilleuse interprétation pour un film d’une beauté et d’une tristesse absolue.