R.M.N.
Quelques jours avant Noël, Matthias est de retour dans son village natal, multiethnique, de Transylvanie, après avoir quitté son emploi en Allemagne. Il s’inquiète pour son fils, Rudi, qui grandit sans lui, pour son père, Otto, resté seul et il souhaite revoir Csilla, son ex-petite amie. Il tente de s'impliquer davantage dans l'éducation du garçon qui est resté trop longtemps à la charge de sa mère, Ana, et veut l’aider à surpasser ses angoisses irrationnelles. Quand l’usine que Csilla dirige décide de recruter des employés étrangers, la paix de la petite communauté est troublée, les angoisses gagnent aussi les adultes. Les frustrations, les conflits et les passions refont surface, brisant le semblant de paix dans la communauté.
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Casting
Avis
Magistrale radiographie (RMN est l’acronyme d’IRM en roumain) d’un petit village de Transylvanie que l’on peut voir comme le concentré de notre société européenne actuelle. Le rejet (et même la haine) de l’autre est ici décortiqué remarquablement avec toutes ses composantes sociale, économique, culturelle et intime. Le sujet est rébarbatif et pourtant le film, de 2 heures, vous accroche sans être pesant ni moralisateur. Contrairement à un discours politique de droite ou de gauche, il décortique sans juger ou du moins le tait, comme le petit garçon mutique parce qu’effrayé. L’incroyable plan-séquence de la réunion municipale est un exemple de grand cinéma et l’ensemble du film se déroule sans temps mort, que ce soit dans les histoires personnelles ou dans la trame générale. L’interprétation reste sobre et la mise en scène est bien réussie, très noire forcément, sombre comme le sujet, avec des éclats de farce burlesque ou de brutalité comme dans la vie. La fin tourne au western tragique, incompréhensible, je l’avoue.